Mais où est passé le mois d’août? J’étais sûrement en train de dormir, terrassée par la chaleur et l’humidité qui auraient fait passer un hammam pour un endroit rafraichissant. En tout cas c’est bien fini, l’été a été balayé la nuit passée par le premier typhon Coréen de la saison, Kompasu (un typhon au nom Japonais-qui-essaie-de-parler-Anglais). Même pas mal. Même si j’ai bien eu du mal à rentrer chez moi hier soir (bus pris sous les averses annonciatrices), ou à dormir (les changements de pression dues aux rafales sur mes fenêtres n’arrêtaient pas de me boucher les oreilles), et que je n’ai pas encore tenté de promener Orion dans le parc de Namsan par peur de me prendre un arbre sur la tête.
Tien au fait, je vous ai parlé d’Orion?
Hovering Orion
C’est le nouveau venu de la famille. Les vétérinaires/refuges coréens n’étant pas d’une grande aide, on n’en sait pas trop sur son passé, si ce n’est qu’il en gros un an, que c’est sans doute un Sheltie , qu’il a peut être été battu dans sa vie précédente. En tout cas il est froussard. Et calin, et énergétique, et intelligent. Et il aime le poulet et le tofu. Un chien, quoi. Et commencez pas sur le fait que c’est un chien miniature – pour la Corée c’est un gros chien et les gens ont peur de lui, ok?
those eyes!
Aujourd’hui, bien que le vent soit tombé, les transports sont toujours bloqués. Mon échange de langue est donc annulé et je retourne à mes vacances imposées. A bientôt…
Vu le temps passer de Novembre à ouah qu’est-ce qu’il fait chaud en l’espace de quelques jours. Juré de consacrer mon prochain salaire à l’installation de la clim (oh comme il sera agréable de se passer de quantités astronomiques de sueur)
Dépensé l’intégralité de mon premier salaire avant la fin du mois, sans pour autant parvenir à acheter une table (ou des chaises)
Participé à la Gay Pride de Séoul et considéré les implications féministes des deux jeunes femmes en tenue très légère, culotte en cuir, porte jarretelle, très maquillées se roulant des pelles sur le premier char du cortège. Conclu qu’il me faudrait regarder plus de porno local avant de décider si c’était effectivement autant un archétype de fantasme masculin que chez nous ou pas (et puis, allez lire ce type [en anglais])
Appris à me repérer dans mon quartier-labyrinthe, même pompette (utile!)
Eu une réaction allergique au soju en excès (monstrueux!)
Vu la fièvre rouge frapper ce pays et transformer toute une population relativement normale en supporters acharnés de leur équipe de foot (Korea Pight!)
Mangé un pique-nique de nuit au sommet du parc de Namsam, et discuté des possibilités de fin du monde par impact de météorite ( <3 sur mon geek domestique)
Regardé Wally être tout excité à l’idée de se faire un nouveau grand copain (il joue à D&D! Et fait du GN! Et va à des concerts trop cools! Et fait de l’escalade! Et en plus ils sont dans la même catégorie de poids!)
Travaillé, beacoup, et ça n’a pas l’air de se calmer (j’ai fait mes premières ventes, et ça c’est super)
Lors de mes deux premiers passages en Corée, j’avais fait un peu de repérage: où trouver les petites choses qui feront ressembler un peu plus mon [futur] appartement à celui dont je rêvais? Parmi ces petites choses, je voulais faire pousser mes propres herbes aromatiques. Depuis plusieurs saison à Lille, je cultivais déjà sur mon balcon ciboulette et basilic, assurant ma dose de survie en pesto tout l’été.
J’ai arpenté les plus grands marchés aux plantes de la ville (Gangnam Underground Shopping Center, station Express Bus Terminal, si ça en intéresse quelques uns). Non, on ne fait pas, ça n’existe pas.
J’ai marché jusqu’au Parc Olympique, où se trouve une coop bio. Non, on vend du lierre et des cactus en pot. Ou alors des pousses germées, mais en barquette.
J’ai demandé à d’autres mangeurs de plantes. Ah oui moi aussi je cherche depuis des années, si tu trouves ça m’intéresse. Moi, je dois m’approvisionner chez mon cousin qui habite Busan et qui a un potager, sinon c’est impossible.
Je me suis résignée à n’avoir que du vert non comestible.
Et puis la dernière semaine de mai est arrivée. Et tout à coup le Gangnam Underground Shopping Center, les supermarchés, la boutique de muffins en bas de la rue se sont mis les uns après les autres à regorger d’herbes aromatiques en pot. A chaque fois j’ai cru à une occasion unique et acheté tout ce que je pouvais porter. Deux pots de basilic. Un pot de romarin. Deux de menthe classique et un de “menthe au chocolat” (inconnue jusqu’à présent, mais c’est de la menthe qui sent le chocolat, quoi. Les feuilles tendent plus vers le marron/violet que la menthe classique).
Le vendredi, un ajeosshi s’est garé avec sa grosse camionette en bas de Namsan et a déchargé toute une cargaison d’herbes sur le trottoir d’Itaewon. Laitue, coriandre, lavande, hybrides bizarres thym-orange, lauriers d’un mètre de haut. Tout doit disparaître.
Et effectivement, après ce bouquet final, tout a disparu. Plus un plant de menthe en ville. La mienne est peinarde sur le balcon, les pieds dans l’eau, s’en tirant tant bien que mal sous la grosse chaleur de la saison.
Quand le bouillon des nouilles est tellement chargé de pâte de piment qu’on n’y voit pas le bout de sa cuillère… et qu’on continue quand même à le boire… félicitations, c’est qu’on est à présent une vraie Coréenne!
Ou que mes papilles ont déjà été brûlées jusqu’à en perdre toute sensibilité.
Le printemps est bel et bien en chemin – Séoul bourgeonne et devient toute verte!
J’adore le design de ces bouteilles. Je crois qu’elles ne contenaient pas vraiment du Perrier.
Là maintenant, je suis sur le point d’attraper un avion – je vais passer quelques semaines en Europe, pour régler les derniers détails bureaucratiques encore en plan – notamment recevoir -enfin- mon visa final, et passer mon permis de conduire (on espère aussi que ce sera la dernière fois). Croisez les doigts
Il paraît que le climat est tout aussi… vivifiant là bas qu’il l’est ici. J’ai quand même espoir d’aperçevoir des fleurs et des canetons, et au moins deux-trois rayons de soleil, histoire de dire au revoir à ma ville sur un fond non-apocalyptique.
C’est un sujet de conversation qui revient toujours parmi les cercles d’Occidentaux ici, avec une certaine frustration de la part de la moitié féminine du groupe. La soirée de dimanche n’a pas fait exception. Comment ça se fait que les mecs occidentaux sortent si facilement avec des Coréennes ou des Japonaises, alors que les femmes ont un mal fou à trouver qui que ce soit? Et pourtant, pourquoi l’équilibre se rétablit-il dans les couples de longue date?
Je n’ai pas vraiment de contribution intelligente à fournir, à part cet historique en image qui méritait plus qu’un simple lien sur Twitter: